
Si la pollution atmosphérique ne diminue pas, son coût sanitaire sera de plus en plus lourd pour la société. Difficile d’empêcher les habitants vivant dans les villes ou à proximité d’installations industrielles polluantes de respirer l’air pollué, tout au plus peut-on conseiller de ne pas faire d’efforts physiques afin de ne pas être en hyperventilation, surtout pour les plus fragiles. La vraie prévention est d’ordre politique. Il est urgent que soient prises des décisions fortes dans les activités émettrices de particules (PM). A commencer par les installations de combustion, en imposant des normes strictes d’émissions de PM en sortie de cheminées. L’abandon de l’incinération des déchets au profit d’une politique efficace de réduction des déchets et de techniques moins polluantes (recyclage, tri, méthanisation) doit être entrepris. Concernant la voiture, on a considéré à tort le CO2 émis comme seul paramètre de voiture peu polluante. Or, un récent rapport de l’Afsset [1] indique que les émissions de dioxydes d’azote (NO2) des véhicules diesel, à l’origine de troubles respiratoires en zone de trafic, n’ont pas diminué depuis les années 90. De fait, les normes européennes actuelles applicables aux véhicules (Euro 6), luttent contre les particules mais n’ont pas d’effet significatif sur ce polluant. Aussi, des efforts importants doivent être entrepris pour promouvoir les transports collectifs et des modes de transport doux et alternatifs (vélo, marche,…). Cela suppose de repenser l’urbanisme et le tissu social en redonnant vie au quartier par le développement des activités de proximité (commerces, loisirs, habitat proche du lieu de travail) de façon à réduire les déplacements urbains et périurbains automobiles. Seulement à ce moment là et seulement, la voiture hybride ou électrique aura son rôle à jouer, car ne renversons pas les priorités. En effet, la voiture électrique n’est pas écologiquement irréprochable (coût énergétique de la fabrication, utilisation de métaux précieux pour la batterie, pollution liée à la source d’électricité qu’elle soit nucléaire ou thermique). Il en est de même avec les poids lourds. Revenir, par exemple, à une agriculture de proximité limitera les déplacements énergétivores et polluants de camions de fruits et légumes traversant l’Europe. De même, privilégier l’agriculture biologique préservera l’air des campagnes d’une pollution chimique déjà trop importante. Les coûts sanitaire et financier de la pollution de l’air vont devenir de plus en plus lourds pour la société. Il appartient en premier aux décideurs politiques et institutionnels d’impulser, sur la base des recommandations sanitaires des médecins et scientifiques, des politiques énergétiques audacieuses pour réduire cette pollution incitant les individus à adopter des comportements plus écologiques. Les uns n’agiront pas sans les autres !
[1] Avis Afsset du 11/09/09

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