
Comme si la valeur des plantes tenait à leur renommée ! Connaissez-vous le nom de celles qui entrent pour 70 % dans la composition des médicaments les plus utiles ? Non ? En sont-elles moins indispensables ? Curieuse perception de la biodiversité.
C’est cependant celle du Grand Port Maritime de Marseille qui déplore les mesures qu’il devra prendre pour compenser la destruction de ces algues et la zone humide d’une grande valeur patrimoniale qui les abrite : la zone de protection spéciale du CABAN sacrifiée pour la réalisation d’un nouvel accès au Rhône.
« Un lourd tribut à mon goût payé aux petites fleurs et aux petits oiseaux » a même déclaré, non sans un cynisme certain en cette année de la biodiversité, son directeur à l’AFP. Si le soutien de l’autorité publique, n’est pas une surprise, celui des élus locaux est plus inquiétant. Déjà, la mise en œuvre des projets IKEA et Massilia, ignorant les alternatives proposées et les alertes lancées par les environnementalistes, avait occasionné d’irréparables pertes sans pour autant créer les tous emplois promis.
Aujourd’hui, ils valident le tracé d’une liaison fluviale qui détruira la zone spéciale de protection du Caban, destruction pourtant contraire au souci de préservation de la continuité verte affirmé lors de leur récente présentation du Schéma de cohérence territoriale (SCOT). Le GPMM justifie le creusement de ce nouveau canal, la construction du pont routier et ferroviaire pour l’enjamber, par un gain de 3,5 km , soit 1h30 de navigation et la suppression pour les péniches d’un dangereux passage en mer , parfois soumis à des vagues de plusieurs mètres de haut selon la direction du Port (?!…) qui se résume en fait à la traversée de la darse 2 à la darse 1 voisine. Une heure et demi, pour des mariniers dont les représentants affirmaient, lors d’un colloque sur le transport fluvial en Arles, qu’ils leur arrivait de perdre plusieurs jours dans l’attente de chargements que le GPMM n’a jamais jugé prioritaires. Maniant la mauvaise foi, le directeur du GPMM accuse les « écologistes » de s’opposer au développement du transport fluvial.
Vaine polémique, puisque chacun sait que les associations réclamaient un report modal en faveur du fluvial et du ferroviaire dès le débat public 2XL sur l’agrandissement du port à conteneurs, bien avant l’entrée du GPMM dans le capital du port fluvial de Pagny. Comment dès lors ne pas s’interroger sur les raisons réelles qui ont conduit à ce choix d’autant que l’augmentation des volumes de transports justifiant ce projet pourrait avantageusement être absorbée par la ligne ferroviaire existante dont le port envisage le doublement.

Vous devez être enregistré pour écrire un commentaire.







