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Un environnement dont la richesse est reconnue

Trop souvent réduit à l’image que renvoient la zone industrialo portuaire et ses  activités, notre environnement jouit encore, malgré les nombreuses atteintes, d’une richesse écologique rarement soupçonnée, souvent méconnue du grand public et la plupart du temps ignorée par les aménageurs.

Pourtant, les zones qui voisinent avec la Zone Industrielle de Fos, pour certaines aux abords mêmes de celle-ci, sans bénéficier de la qualité de réserve,  font l’objet de classement reconnaissant leur intérêt patrimonial. Pas moins de quatre zones sont répertoriées comme ZNIEFF, Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique, plusieurs ont été inventoriées comme ZICO, Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux et deux ont reçu le label de Zone de Protection Spéciale. Elles font partie de la réserve de Biosphère de Camargue (classement UNESCO) gérée par le Parc Régional de Camargue dont l’extension des limites fait actuellement l’objet d’une révision de sa charte.

Une ZNIEFF est un secteur du territoire particulièrement intéressant sur le plan écologique, participant au maintien des grands équilibres naturels ou constituant le milieu de vie d’espèces animales et végétales rares, caractéristiques du patrimoine naturel régional. On distingue deux types de ZNIEFF :

  • les ZNIEFF de type I, d’une superficie généralement limitée, définies par la présence d’espèces, d’associations d’espèces ou de milieux rares, remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel national ou régional ;
  • les ZNIEFF de type II qui sont des grands ensembles naturels riches et peu modifiés, ou qui offrent  des potentialités biologiques importantes. Les zones de type II peuvent inclure une ou plusieurs zones de type I.

L’inventaire ZNIEFF est un outil de connaissance. Il ne constitue pas une mesure de protection juridique directe. Toutefois l’objectif principal de cet inventaire réside dans l’aide à la décision en matière d’aménagement du territoire vis à vis du principe de la préservation du patrimoine naturel.

L’inventaire des ZICO est un inventaire scientifique identifiant les zones connues comme les plus importantes pour la conservation des oiseaux en France. C’est, pour partie, sur la base de cet inventaire que sont désignées les Zones de Protection Spéciale (ZPS).

Dreal Paca : www.paca.écologie.gouv.fr

Zone de Protection Spéciale de Camargue (pour l’anse de Carteau)

Zone de Protection Spéciale des marais entre Crau et grand Rhône

ZNIEFF n° 13-100-152 Dépression du Vigueirat- Marais des costières de Crau

ZNIEFF n° 13-100-153 They de la Gracieuse et They de Roustan

ZNIEFF n°13-004-00 They de la Gracieuse

ZNIEFF n° 13-000-00 Anse de Carteau

Réserve de la Biosphère de Camargue

Un patrimoine naturel  trop souvent méconnu

Les espèces qui fréquentent ces zones présentent pour certaines une grande valeur patrimoniale.  Or les mesures de compensation imposées par la réglementation,  pour vertueuse qu’elles puissent paraître, ne présentent que peu d’intérêt. A la manière de Jean de Florette, s’en remettant à l’algèbre pour conduire son élevage de lapins, des esprits éclairés ont pensé pouvoir remplacer des sites écologiques détruits pour l’aménagement de réseaux routiers, de zones  industrielles, de plateformes commerciales…par la désignation de terrains voués à la conservation  du patrimoine naturel et présentant évidemment pour  eux, un moindre intérêt. Un peu comme s’il suffisait d’échanger des bouts de nature pour limiter l’impact écologique  de la réalisation de projets industriels. Il  ne resterait plus, une fois le nouvel espace désigné, qu’à expliquer aux espèces dont l’habitat aura disparu qu’il faut « déménager » vers ce nouveau lieu de résidence... Monsieur Marcel Pagnol lui-même n’aurait sûrement pas osé l’écrire. Hélas ici s’arrête la galéjade et ce qui peut faire sourire reste bien inquiétant. En effet, la conservation des espèces reste étroitement liée à la préservation des habitats et la nature ne se déplace pas comme un tractopelle. La modification ou la réduction d’espaces écologiques entraînera immanquablement la diminution de populations voire l’irréparable perte de certaines espèces. Si le Ganga Catta, le lézard ocellé ou le crapaud calamite sont pour beaucoup moins évocateurs que l’ours blanc, le panda ou l’aigle de Bonelli, si la blancheur du Lis maritime interpelle moins que celle de l’Edelweiss il n’en reste pas moins que la biodiversité, par ailleurs devenue si médiatique, ici aussi est menacée.

Mais déjà impacté !

Les témoignages que nous avions pu recueillir, dès le début de notre lutte contre l’implantation de l’incinérateur de la CUM sur la zone de Fos, attestaient déjà de la présence de polluants dans les marais de Camargue. Plusieurs études attestent de la contamination des espèces qui y vivent. Ainsi des prélèvements réalisés en 2003 sur les anguilles de l’étang du Vaccarès révélaient une contamination aux polluants organochlorés, vraisemblablement imputable aux pesticides, aux Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques sans lien avec les pesticides et au mercure. Déjà en 1996 l’étude d’œufs d’aigrettes prélevés sur trois colonies distinctes témoignait d’une contamination similaire mettant en évidence une imprégnation aux PolyChloroBiphényles et aux Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques rejetés par les industries et véhiculés principalement dans l’air.

 

 

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busy
Mis à jour ( Mardi, 01 Juin 2010 10:37 )  

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