Selon une maxime désormais connue « le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ». Cette lapalissade fait si bien son effet dès que l’on aborde la problématique des déchets, qu’elle est à la une de la plus part des communications officielles sur leur réduction. Avec une moyenne de 590 kg de déchets par an et par habitant (390 kg dans nos poubelles et conteneurs de tri et
200 kg en déchetterie), elle sonne comme une évidence que personne ne contestera. Et chacun de se sentir coupable de ses propres déchets, culpabilisation renforcée à grand coup de campagnes télévisées savamment orchestrées. Comme si nos déchets n’étaient pas avant tout le résultat du packaging imposé par les producteurs et les distributeurs. Ce packaging qui n’est ni plus ni moins qu’une technique commerciale consistant à se servir de l’emballage d’un produit pour le rendre plus attractif, voire à l’utiliser comme support publicitaire. Après avoir demandé au consommateur d’adopter le geste citoyen du tri qui, s’il reste nécessaire, ne concourt pas pour autant à la réduction des déchets, on lui imposerait volontiers le tri de ses achats. Or, c’est bien par des actions menées auprès des entreprises que l’on parviendra à alléger nos caddies et par là même nos poubelles. Certes les commerçants de déchets, exploitants de décharges et autres incinérateurs, n’y trouveront pas leur compte, pas plus que ceux des filières de recyclage dont le développement demeure malgré tout plus qu’utile. La politique nationale en matière de déchets, qui se veut conforme aux prescriptions de la directive européenne du 19 novembre 2008, définit la réduction à la source comme la priorité de son plan d’actions 2009-2012. Les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement sont les suivants :
- Baisser de 7 % la production de déchets ménagers et assimilés par habitant sur 5 ans ;
- Atteindre 35% de leur recyclage matière et organique en 2012, puis 45 % en 2015 ;
75 % en 2012 pour les déchets d’entreprises et les emballages ménagers.
- diminuer de 15 % la part incinérée ou mise en décharge.
Le faible retentissement de la semaine européenne de réduction des déchets, qui s’est déroulée du 21 au 29 novembre 2009, pourtant sur une initiative française, illustre bien la part belle faite recyclage. Même si ces chiffres étaient atteints, ce dont on peut douter puisque bien des communes et communautés urbaines accusent un retard certain en matière de collecte et de tri des déchets, l’incinération toujours soutenue par les pouvoirs publics, continue à vampiriser les déchets à haut pouvoir calorifique ( papiers, cartons, plastiques…) normalement recyclable, pour assurer sa rentabilité. L’exemple des errements dans la gestion des déchets de la communauté urbaine de Marseille est malheureusement symptomatique de cet état de fait.

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