Parmi les polluants atmosphériques auxquels nous sommes exposés, les particules d’origine anthropique, c'est-à-dire dues à l’activité humaine, présentent un danger considérable pour la santé. Désignées par l’Europe, avec l’ozone, comme le polluant qui posera problème dans l’avenir, les particules fines présentent une multiplicité de risques qui tient à la fois à leur forme et à leur composition. De leur taille dépend leur capacité à se diffuser sur de grande distance mais aussi à pénétrer plus ou moins profondément l’organisme. Considéré comme un polluant transfrontière, les particules fines peuvent être transportées très loin de leur source d’émission. Elles jouent un rôle important dans les principaux phénomènes atmosphériques et interfèrent avec le climat.
Sources : On distingue deux types de particules :
- les particules primaires : elles proviennent essentiellement de la combustion incomplète des combustibles fossiles, d'activités industrielles, notamment la métallurgie, du trafic routier et du chauffage des habitations.
- les particules secondaires : elles résultent de transformations dans l’atmosphère, ainsi par exemple le dioxyde d’azote et l’ammoniac réagissent pour former du nitrate d’ammonium ; l’ammoniac provient essentiellement de sources agricoles (élevages, épandages d’engrais).
Effets sur la santé :
En 2005, les études menées dans le cadre du programme CAFE (Clean Air For Europe) ont conclu qu’il n’y avait pas de seuil d’exposition aux particules. Ce qui revient à dire qu’elles présentent un danger quelque soit leur taux de concentration dans l’air. Plusieurs études menées depuis ont mis en évidence une augmentation d’hospitalisation, voire de décès dus à l’exposition aux particules même à de faibles niveaux. Selon l’OMS, « plus de 280 000 décès prématurés par an sont attribués à une exposition de longue durée aux particules dans les 25 pays de l'Union européenne (UE) »[i].
Les particules d’un diamètre supérieur à 10 micromètres: elles sont peu pathogènes.
Les particules d’un diamètre compris entre 2,5 et 10 micromètre, appelées PM 10, peuvent atteindre les voies aériennes supérieures et les poumons ;elles sont pathogènes.
Les particules d’un diamètre compris entre 0,1 et 2,5 micromètre pénètrent plus profondément dans les poumons où elles peuvent atteindre la région alvéolaire.
Les particules peuvent contenir de nombreux polluants comme des sulfates, nitrates, des métaux lourds, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des acides organiques, des dioxines. Leur présence à l'intérieur et à la surface des particules augmente leur toxicité. Pour une même masse de particules, plus leur diamètre sera petit, plus leur nombre sera grand et, donc, plus la surface extérieure de contact de ces particules sera grande. À cela s’ajoute des micro aspérités qui augmentent encore la surface externe des particules.
Trois types de pathologies majeures sont induits par les microparticules : les maladies respiratoires et allergiques, les maladies cardio-vasculaires (voir l’article de Gilles Nalbone, chercheur à L’institut National de la santé et de la Recherche Médicale), et certains cancers.
L’AFSSET affirmait, en mars 2009, « qu’on ne peut trouver de seuil de pollution au-dessous duquel il n’y aurait pas d’impact sanitaire. De plus les expositions fréquentes à des niveaux modérés de pollution ont plus d’impact sanitaire que les pics, en France »[ii].
Seuils d’information et d’alerte :
Depuis le 12 octobre 2007, une circulaire ministérielle à mis en place deux seuils de déclenchements :
- Un seuil d’information et de recommandation lorsque les concentrations en PM10 dépassent les 80µg/m3 ( 80 microgrammes par mètre cube d’air) en moyenne sur 24 heures
- Un seuil d’alerte lorsque ces concentrations dépassent 125 µg/m3 durant 24 heures.
Selon l’AFSSET : « La mise en œuvre de seuils d’information et d’alerte relatifs aux particules présente globalement pas de bénéfice sanitaire substantiel. Elle permet toutefois d’informer les populations sensibles (femmes enceintes, enfants, personnes âgées, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires ou respiratoires) et les inviter à adapter leurs comportements lors de pics ».
Evolution des connaissances :
Actuellement, il est donc avéré que l’exposition répétée ou à long terme à des concentrations de particules, même modérées, a plus d’impact sur la santé publique que l’exposition à des pics de pollution particulaire.
Par ailleurs, les études menées dans le cadre du Programme de surveillance air et santé (Psas) ont démontré des relations à court terme entre pollution atmosphérique et mortalité et admissions hospitalières. Elles ont également permis de confirmer « l’existence de liens significatifs entre les niveaux de pollution atmosphérique couramment observés et les indicateurs de santé »[iii].
Les PM 10, le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone (O3) ont été retenus pour ces études comme indicateurs de la pollution.
Les résultats d’une étude menée en Allemagne en 2007, par l’Inserm et le GSF-Centre National de la Recherche sur la Santé et l'Environnement de Munich publiés dans la revue Environmental Health Perspectives, ont montré que l’exposition des femmes enceintes aux particules fines dans l’air pouvait entraîner une diminution du poids de leur enfant à la naissance. D’autres études, aux Etats Unis et en Pologne ont mis en évidence le passage d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), composés souvent transportés par les particules fines, le sang du cordon ombilical et leur influence probable sur la croissance du fœtus[iv].
Commentaires CCSE : les études sur les effets sanitaires des particules sont exclusivement menées en milieux urbains. Elles pointent du doigt les particules dues au trafic routier et les particules diésel culpabilisant le particulier et ignorent scrupuleusement les particules industrielles. Les particules auxquelles nous sommes le plus exposées sont ici pour près de 80 % d’origine industrielle. Le développement du Grand Port Maritime de Marseille annonce des augmentations de trafic routier et maritime qui augmenteront d’autant les concentrations auxquelles nous sommes exposés.
[i] Résumé des rapports du programme Qualité de l'air et santé du Bureau régional de l'OMS pour l'Europe
[ii] Communiqué de presse AFSSET, « particules dans l’air ambiant », 23 mars 2009
[iii] Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, INVS, 3 février 2009
[iv] Inserm, information presse 25 juin 2007

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